
La performance de vos placements ne dépend pas du choix entre ETF et gestion pilotée, mais de votre capacité à maîtriser la « friction financière » et à piloter activement votre stratégie.
- Les frais de gestion, même faibles en apparence, composent l’essentiel de la sous-performance sur le long terme.
- Une allocation d’actifs stratégique, décorrélée de vos revenus principaux, est plus déterminante que la sélection de titres individuels.
Recommandation : Adoptez une posture de pilote stratégique : utilisez les ETF pour leur efficience et ne recourez à la gestion déléguée que pour des besoins spécifiques, en auditant systématiquement son coût réel.
Face à une inflation persistante, l’investisseur cherche légitimement la stratégie la plus efficace pour protéger et faire croître son capital. Le débat se cristallise souvent autour d’une alternative : la simplicité des ETF (trackers) face à la tranquillité d’esprit promise par la gestion pilotée. D’un côté, une gestion passive à bas coûts qui réplique les marchés ; de l’autre, une expertise déléguée qui promet de naviguer pour vous dans la complexité financière. Pourtant, cette opposition est un prisme déformant qui masque l’enjeu fondamental.
La plupart des analyses se contentent de comparer les lignes de frais, un exercice certes nécessaire mais insuffisant. Elles omettent le concept clé de « friction financière » : l’ensemble des forces (frais visibles et cachés, fiscalité, mauvaise allocation) qui freinent la croissance de votre patrimoine. La véritable question n’est donc pas « ETF ou gestion pilotée ? », mais plutôt « Comment construire une architecture de portefeuille qui minimise cette friction et maximise mon rendement réel net ? ».
Cet article adopte une perspective de gestionnaire de fortune. Nous allons disséquer les mécanismes de performance et vous donner les clés pour devenir le pilote stratégique de votre patrimoine. Loin de vous proposer une réponse toute faite, nous allons vous armer pour prendre des décisions éclairées, quantifier l’impact de chaque choix et structurer un portefeuille capable, non seulement de battre l’inflation, mais de surperformer durablement sur un horizon de 10 ans et plus.
Pour naviguer efficacement à travers les concepts clés de cette approche stratégique, cet article est structuré pour vous guider pas à pas. Vous découvrirez l’impact réel des frais, les méthodes pour sécuriser vos gains, et comment adapter votre stratégie à votre situation personnelle et professionnelle.
Sommaire : Construire votre stratégie d’investissement anti-inflation
- Comment les frais de 2% par an détruisent 30% de votre capital à terme ?
- Quand faut-il sécuriser ses gains en basculant des actions vers le monétaire ?
- Prudent, Équilibré, Dynamique : pourquoi votre profil change avec l’âge de votre entreprise ?
- L’erreur de ne regarder que la valeur faciale sans tenir compte de l’inflation
- Gestion sous mandat : est-ce que ça vaut vraiment le coût pour un portefeuille de 50k € ?
- ETF et Immobilier dans l’assurance vie : comment booster le rendement sans gérer les lignes ?
- Frais de gestion et droits de garde : comment ils grignotent le rendement de vos placements pro
- Pourquoi investir uniquement dans votre entreprise est un danger mortel pour votre patrimoine ?
Comment les frais de 2% par an détruisent 30% de votre capital à terme ?
En matière d’investissement, les frais de gestion sont souvent perçus comme un mal nécessaire, un faible pourcentage prélevé en échange d’un service. Cette perception est l’une des erreurs les plus coûteuses pour un investisseur. Il faut cesser de voir les frais comme un simple coût et les considérer pour ce qu’ils sont : une performance négative garantie qui s’applique chaque année, que les marchés montent ou baissent. C’est une « friction financière » qui érode votre capital de manière exponentielle à cause de l’effet des intérêts composés qui jouent contre vous.
Prenons un exemple concret. Imaginez un capital de 100 000 € investi sur 20 ans avec un rendement brut annuel moyen de 7%. Sans frais, ce capital atteindrait environ 387 000 €. Maintenant, appliquons des frais annuels de 2%, typiques de certains fonds ou mandats de gestion. Votre rendement net passe à 5%. Au bout de 20 ans, votre capital n’est plus que de 265 000 €. La différence est de 122 000 €. Autrement dit, ces 2% de frais annuels n’ont pas simplement coûté « 2% par an », ils ont anéanti près d’un tiers (31,5%) de votre gain potentiel. C’est l’effet dévastateur de la capitalisation inversée.
Cette érosion est d’autant plus insidieuse qu’elle est indolore au quotidien. Pourtant, elle conditionne massivement la performance finale. Des simulations montrent que des frais de 3% peuvent réduire la performance de 8% à 5%, soit une perte de plus d’un tiers du rendement. Le choix d’une structure d’investissement à faible friction, comme les ETF dont les frais sont souvent inférieurs à 0,5%, n’est donc pas une simple optimisation. C’est la décision la plus fondamentale pour permettre à votre capital de croître sans entrave.
Quand faut-il sécuriser ses gains en basculant des actions vers le monétaire ?
La question de la sécurisation des gains est au cœur du pilotage de portefeuille. L’impulsion naturelle est de vouloir « vendre au plus haut », une pratique connue sous le nom de « market timing ». Cependant, toutes les études montrent que tenter d’anticiper les mouvements de marché à court terme est une stratégie vouée à l’échec pour la quasi-totalité des investisseurs. La solution ne réside pas dans la prédiction, mais dans la mise en place d’un processus de rééquilibrage stratégique. L’objectif n’est pas de deviner le futur, mais de maintenir le niveau de risque de votre portefeuille aligné sur votre plan initial.
L’allocation d’actifs est la pierre angulaire de cette approche. Comme le rappelle une analyse de Yomoni, un acteur majeur de la gestion en ligne :
90 % de l’espérance du rendement et du risque d’un portefeuille sont déterminées par l’allocation d’actifs plutôt que par le choix des valeurs ou le market timing.
– Yomoni, Guide sur l’allocation d’actifs
Concrètement, la sécurisation doit être progressive et automatisée. Plutôt que de liquider brutalement vos positions actions, il convient d’adopter une stratégie de « désensibilisation » à l’approche de votre horizon de placement. Si votre objectif est dans 10 ans, vous pouvez maintenir une forte exposition aux actions. À 3 ou 4 ans de l’échéance, vous commencerez à réallouer progressivement une partie des plus-values vers des supports moins volatils comme les fonds monétaires ou les fonds en euros d’une assurance-vie.
Une méthode efficace consiste à définir des « bandes de tolérance ». Par exemple, si votre allocation cible est de 60% en actions, vous pouvez décider de déclencher un rééquilibrage (vendre des actions pour acheter des obligations ou du monétaire) chaque fois que la part des actions dépasse 65% suite à une forte hausse des marchés. Cette approche disciplinée vous force à vendre une partie de vos actifs quand ils sont chers et à réinvestir quand ils sont bas, sans jamais céder à l’émotion.
- Définir des bandes de tolérance : Fixez des seuils de rééquilibrage (par exemple, si la part des actions dépasse l’objectif de +/- 5%).
- Programmer des ventes partielles : Planifiez une sécurisation progressive en commençant 3 à 5 ans avant votre horizon de placement.
- Mettre en place un rééquilibrage périodique : En complément, effectuez un rééquilibrage à date fixe (trimestriel, semestriel) pour maintenir l’allocation stratégique.
- Adapter l’allocation tactique : Ajustez légèrement votre allocation en fonction du contexte macroéconomique (inflation, taux d’intérêt) sans remettre en cause la stratégie de fond.
Prudent, Équilibré, Dynamique : pourquoi votre profil change avec l’âge de votre entreprise ?
Les profils de risque « Prudent », « Équilibré » et « Dynamique » sont des outils standards utilisés par l’industrie financière pour catégoriser les investisseurs. Cependant, pour un entrepreneur, cette classification est souvent trop statique et déconnectée de sa réalité économique. Le véritable profil de risque d’un dirigeant n’est pas une simple déclaration d’intention ; il est intrinsèquement lié à la maturité et à la stabilité de son principal actif : son entreprise. Ignorer cette corrélation est une erreur stratégique majeure.
Au démarrage, un entrepreneur est, par définition, en situation de risque maximal. 100% de son capital humain et souvent une grande partie de son capital financier sont concentrés dans un seul projet, non liquide et très volatil. Dans cette phase, son portefeuille d’investissement personnel devrait paradoxalement être extrêmement prudent. L’objectif n’est pas de chercher un rendement supplémentaire, mais de construire un matelas de sécurité décorrélé de son activité principale. Les fonds monétaires, les livrets sécurisés et les fonds en euros sont ses meilleurs alliés.
À mesure que l’entreprise atteint la rentabilité et génère des flux de trésorerie stables (phase de croissance/maturité), le risque global diminue. L’entrepreneur peut alors se permettre d’adopter un profil plus équilibré, voire dynamique, pour son patrimoine personnel. C’est à ce moment qu’il devient pertinent d’allouer une part croissante de ses liquidités excédentaires à des actifs plus performants comme les ETF actions. L’objectif change : il ne s’agit plus seulement de sécurité, mais de diversification et de construction d’un patrimoine externe.
Enfin, en phase de transmission ou de cession, le profil de l’entrepreneur bascule à nouveau. La vente de l’entreprise transforme un actif illiquide et risqué en une somme de liquidités importante. Le patrimoine devient majoritairement financier. La priorité redevient la préservation du capital et la génération de revenus passifs. Le profil de risque se fait donc plus modéré, cherchant un équilibre entre croissance et protection pour financer les projets de vie post-entreprise. Le profil de risque n’est donc pas une étiquette, mais un curseur qui doit évoluer en miroir du cycle de vie de l’entreprise.
L’erreur de ne regarder que la valeur faciale sans tenir compte de l’inflation
L’un des biais cognitifs les plus courants en investissement est l’illusion nominale. Nous avons tendance à nous focaliser sur la performance affichée d’un placement, sa valeur « faciale », sans la corriger de l’effet de l’inflation. Un placement qui rapporte 3% par an semble positif. Mais si l’inflation sur la même période est de 4%, votre pouvoir d’achat a en réalité diminué de 1%. Vous êtes nominalement plus riche, mais réellement plus pauvre. En tant que gestionnaire de votre patrimoine, vous devez impérativement penser et calculer en rendement réel.
La formule est simple mais doit devenir un réflexe : Rendement Réel ≈ Rendement Nominal – Taux d’Inflation. Cette approximation est suffisante pour la plupart des décisions. Pour être précis, le calcul est : `(1 + Rendement Nominal) / (1 + Taux d’Inflation) – 1`. Cet outil mental change radicalement la perception des différentes classes d’actifs. Un livret A à 3% avec une inflation à 5% est un placement qui vous appauvrit de 2% par an. Un fonds en euros qui délivre 2,5% est perdant face à une inflation même modérée.
Cette discipline du rendement réel met en lumière la nécessité de viser des performances nominales significativement supérieures à l’inflation. Comme le souligne une analyse des placements pour 2024 par LesFurets, avec une inflation anticipée à 2%, un placement à 6% nominal n’offre un gain de pouvoir d’achat réel que de 3,92%. Pour véritablement construire du patrimoine, votre architecture de portefeuille doit intégrer des moteurs de performance robustes, historiquement capables de délivrer des rendements élevés sur le long terme, comme les actions via des ETF diversifiés.
Ignorer l’inflation, c’est comme naviguer sans tenir compte du courant. Vous pouvez avoir l’impression d’avancer, mais vous êtes en réalité en train de dériver. Chaque décision d’investissement doit donc passer le « test du rendement réel ». Un placement qui ne bat pas l’inflation n’est pas un investissement, c’est au mieux un outil de parking de liquidités à court terme, et au pire une machine à détruire du pouvoir d’achat.
Gestion sous mandat : est-ce que ça vaut vraiment le coût pour un portefeuille de 50k € ?
La gestion sous mandat, ou gestion pilotée, est souvent présentée comme la solution idéale pour l’investisseur qui manque de temps ou de connaissances. La promesse est simple : déléguer la gestion de son portefeuille à des experts. Cependant, cette tranquillité d’esprit a un coût, et il est crucial de se demander si ce coût est justifié, notamment pour des portefeuilles de taille modeste, comme 50 000 €. La réponse se trouve, encore une fois, dans une analyse rigoureuse du rapport coût/valeur ajoutée.
Le principal argument contre la gestion pilotée sur des portefeuilles de cette taille est la « friction financière » qu’elle engendre. Les frais de gestion pilotée incluent souvent les frais de l’enveloppe (assurance-vie, compte-titres), les frais propres aux supports d’investissement (fonds actifs) et les frais du mandat lui-même. L’accumulation peut facilement atteindre, voire dépasser, 2% par an. Comme nous l’avons vu, un tel niveau de frais a un impact dévastateur sur la performance à long terme. La question est donc : le gérant peut-il générer une surperformance (alpha) suffisante pour couvrir ses propres frais et, au-delà, battre une simple stratégie passive ?
Pour un portefeuille de 50 000 €, la réponse est souvent négative. Une allocation simple et efficace peut être construite avec 2 ou 3 ETF pour un coût total inférieur à 0,5% par an. La différence de frais, soit 1,5 point de pourcentage ou plus, représente une charge de 750 € par an que le gérant doit surmonter juste pour égaler la performance de la stratégie passive. Sur le long terme, les données montrent que la grande majorité des gérants actifs n’y parviennent pas.
Crash test d’un mandat équilibré vs réplication ETF
Une étude de cas concrète menée par Nalo illustre parfaitement ce point. Un mandat de gestion pilotée « équilibré » facture en moyenne 1,6% de frais tout compris. Cette allocation peut être facilement répliquée avec une combinaison d’un ETF MSCI World (actions, frais ~0,2%) et d’un ETF obligataire (frais ~0,15%), pour un coût total bien inférieur à 0,5%. L’économie de plus de 1,1 point de performance par an est considérable. Sur un capital de 50 000 € investi sur 10 ans, cette différence de « friction financière » se traduit par un gain net supplémentaire d’environ 6 500 € en faveur de la stratégie ETF autonome.
La gestion pilotée peut avoir son intérêt pour des patrimoines très importants, nécessitant une ingénierie complexe ou un accès à des classes d’actifs non cotées. Pour un portefeuille de 50 000 €, le coût de la délégation excède presque toujours la valeur ajoutée potentielle. L’investisseur avisé choisira plutôt de s’approprier la stratégie en utilisant des outils efficients comme les ETF.
ETF et Immobilier dans l’assurance vie : comment booster le rendement sans gérer les lignes ?
Pour l’investisseur qui cherche à construire une architecture de portefeuille performante sans pour autant passer ses journées à analyser des titres individuels, la combinaison d’ETF et de supports immobiliers au sein d’une assurance-vie représente une solution puissante. Cette approche permet de capter la performance de deux des classes d’actifs les plus robustes sur le long terme – les actions et l’immobilier – tout en bénéficiant du cadre fiscal avantageux de l’assurance-vie et d’une gestion simplifiée.
Les ETF, ou trackers, constituent le moteur de croissance actions du portefeuille. En choisissant un ou deux ETF larges (comme un ETF MSCI World pour les marchés développés et un ETF Emerging Markets pour les pays émergents), vous vous assurez une diversification mondiale instantanée sur des milliers d’entreprises, le tout pour des frais de gestion extrêmement bas (souvent entre 0,1% et 0,4%). C’est le moyen le plus efficient de s’exposer à la croissance économique mondiale.
L’immobilier, quant à lui, apporte un couple rendement/risque différent, souvent décorrélé des marchés actions. Au sein d’une assurance-vie, l’investissement immobilier se fait via la « pierre-papier » : SCPI, OPCI ou SCI. Chaque support a ses spécificités :
| Critère | SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) | OPCI (Organisme de Placement Collectif Immobilier) | SCI (Société Civile Immobilière) |
|---|---|---|---|
| Liquidité | Moyenne (dépend des conditions de l’assureur) | Élevée (rachat rapide car poche d’actifs financiers) | Faible à moyenne (selon le contrat) |
| Niveau des frais | Frais de souscription souvent réduits en assurance-vie | Frais de gestion annuels (~1-2%) | Frais de gestion annuels (~1-2%) |
| Performance cible | Rendement locatif (cible 4-5%) | Mixte rendement immobilier et performance d’actifs financiers | Variable, souvent axée sur la valorisation |
| Indexation | Revenus indexés sur les loyers (ILC/ILAT) | Mixte actions/immobilier | Dépend de la stratégie de la SCI |
En combinant ces deux briques, vous pouvez construire des portefeuilles adaptés à votre profil de risque, sans avoir à gérer des lignes individuelles. Voici trois exemples d’allocations modèles :
- Le Bâtisseur Prudent : 50% Fonds Euro (sécurité), 25% SCPI (rendement immobilier), 25% ETF MSCI World (croissance actions).
- L’Équilibriste : 40% ETF MSCI World, 20% ETF Marchés Émergents, 40% SCPI/OPCI (équilibre entre diversification géographique et rendement immobilier).
- Le Conquérant : 70% en ETF diversifiés (World, sectoriels), 30% en OPCI dynamique (maximiser la croissance actions avec un amortisseur immobilier).
Frais de gestion et droits de garde : comment ils grignotent le rendement de vos placements pro
Nous avons établi que les frais sont l’ennemi numéro un de la performance. Cependant, la « friction financière » ne se limite pas aux frais visibles des fonds. Pour un investisseur, notamment un professionnel qui gère sa trésorerie d’entreprise, il est crucial de comprendre la structure de coûts de son enveloppe d’investissement (assurance-vie, compte-titres, PER). L’un des concepts les plus importants, mais souvent négligé, est la différence entre l’architecture « ouverte » et « fermée » d’un contrat.
Un contrat en architecture fermée, typique de nombreuses banques traditionnelles, ne vous donne accès qu’à une sélection restreinte de fonds d’investissement, le plus souvent les fonds « maison » gérés par l’établissement lui-même. Ces contrats affichent parfois des frais d’enveloppe (droits de garde) attractifs, mais les fonds proposés sont presque toujours chargés en frais de gestion (souvent supérieurs à 2%). C’est un piège classique : on vous attire avec un coût de structure bas pour vous imposer des produits internes à forte marge.
À l’inverse, un contrat en architecture ouverte, proposé par les courtiers en ligne et les conseillers indépendants, vous donne accès à des milliers de supports d’investissement de différentes sociétés de gestion, y compris des ETF à très bas coûts. Même si les frais d’enveloppe sont parfois légèrement plus élevés, l’accès à des produits efficients permet de réduire drastiquement le coût global. Une analyse de Nalo révèle que, sur le long terme, les frais de gestion peuvent représenter jusqu’à 28% de la performance totale d’une assurance-vie. Le choix de l’architecture est donc déterminant.
Étude de cas : Architecture ouverte vs. fermée
Une analyse comparative de Café de la Bourse, s’appuyant sur les données de l’AMF, démontre l’impact de manière chiffrée. Un contrat en architecture ouverte avec 1% de frais d’enveloppe mais donnant accès à des ETF à 0,2% aboutit à un coût total de 1,2%. En face, un contrat fermé affichant 0,6% de frais d’enveloppe mais ne proposant que des fonds maison à 2% de frais aboutit à un coût réel de 2,6%. Comme le montre cette étude sur l’impact de la structure de frais, sur un capital de 100 000 € investi sur 10 ans, cette différence de 1,4 point de friction représente une perte de performance nette d’environ 15 000 € pour l’investisseur piégé dans le contrat fermé.
En tant que pilote de votre patrimoine, vous devez exiger la transparence et privilégier les architectures ouvertes qui vous donnent le contrôle et l’accès aux outils les plus efficients du marché. Ne vous laissez pas aveugler par des frais de structure bas qui cachent une forêt de coûts de produits élevés.
À retenir
- La performance à long terme est davantage dictée par la minimisation des frais (« friction financière ») que par la sélection de produits.
- Le rendement réel (corrigé de l’inflation) est le seul indicateur pertinent pour mesurer l’enrichissement de votre patrimoine.
- La diversification doit aller au-delà du portefeuille financier et prendre en compte la corrélation de risque avec votre activité professionnelle principale.
Pourquoi investir uniquement dans votre entreprise est un danger mortel pour votre patrimoine ?
Pour un entrepreneur, l’entreprise est souvent bien plus qu’un simple actif. C’est un projet de vie, une source de revenus et de fierté. Cette implication émotionnelle et financière conduit à un biais puissant : la surconcentration du risque. Investir tout son temps, son énergie et son capital dans sa propre société, sans construire en parallèle un patrimoine externe et diversifié, est l’une des erreurs les plus dangereuses pour sa sécurité financière à long terme.
Le problème est double. Premièrement, vous concentrez deux types de capital sur un seul et même actif : votre capital humain (votre travail, vos compétences) et votre capital financier (votre argent). Si l’entreprise rencontre des difficultés, vous risquez de perdre à la fois votre source de revenus et la valeur de votre principal actif patrimonial. C’est la double peine. Deuxièmement, cet actif est par nature illiquide et non-diversifié. Sa valeur dépend d’un secteur, d’un marché, et d’une équipe de direction spécifiques.
La solution n’est pas de se désinvestir de son projet, mais de mettre en place une discipline de diversification externe dès que l’entreprise génère des bénéfices. Il s’agit de créer un « sas de décompression financier » en allouant systématiquement une partie des dividendes ou de la rémunération à un portefeuille d’investissement externe. Ce portefeuille doit être intentionnellement décorrélé de votre activité principale. Si votre entreprise est dans la tech, surpondérez des secteurs comme la santé, la consommation de base ou l’immobilier dans votre portefeuille externe.
Cette stratégie de diversification agit comme une assurance. Dans le meilleur des cas, votre entreprise prospère et ce patrimoine externe devient un bonus. Dans le pire des cas, si votre entreprise échoue, ce patrimoine diversifié constitue votre filet de sécurité, le socle sur lequel vous pourrez rebondir. C’est une question de survie patrimoniale. Ne pas diversifier, c’est parier l’intégralité de son avenir financier sur un seul numéro.
Votre plan d’action pour une diversification patrimoniale efficace
- Création du socle de sécurité : Avant tout, constituez un coussin de sécurité de 6 à 12 mois de charges personnelles et professionnelles, placé sur des supports liquides et sans risque (livrets, fonds monétaires).
- Allocation initiale des dividendes : Dès les premiers bénéfices distribués, allouez systématiquement 10 à 15% de ces flux vers un portefeuille externe, en commençant par un ETF monde pour une diversification simple et globale.
- Montée en puissance progressive : Sur 3 à 5 ans, augmentez l’allocation externe via des versements réguliers pour viser un objectif où votre patrimoine financier externe représente au moins 25% de votre patrimoine total.
- Recherche de décorrélation : Une fois le portefeuille externe significatif, analysez son allocation pour vous assurer qu’elle est bien décorrélée du secteur de votre entreprise (ex: si vous êtes dans l’industrie, surpondérez les services ou la tech).
- Audit annuel : Chaque année, auditez la répartition globale de votre patrimoine (entreprise + externe) pour vous assurer que le niveau de risque global reste maîtrisé et que la diversification est toujours effective.
En définitive, devenir le pilote stratégique de votre patrimoine est la seule approche véritablement performante. Pour mettre en pratique ces conseils, l’étape suivante consiste à auditer vos placements actuels à travers le prisme de la « friction financière » et du rendement réel. Évaluez dès maintenant la solution la plus adaptée à vos besoins spécifiques et reprenez le contrôle de votre avenir financier.
Questions fréquentes sur la stratégie d’investissement ETF vs Gestion Pilotée
Quel est le meilleur ETF pour commencer à investir ?
Pour un débutant ou un investisseur cherchant la simplicité et une diversification maximale, un ETF « MSCI World » est souvent le meilleur point de départ. Il permet d’investir en une seule fois dans plus de 1 500 grandes entreprises des pays développés, offrant une exposition instantanée à l’économie mondiale pour des frais très faibles (souvent autour de 0,2%). C’est la brique de base de nombreux portefeuilles performants.
La gestion pilotée peut-elle être plus performante que les ETF ?
En théorie, oui, si le gérant génère une surperformance (« alpha ») supérieure à ses frais. En pratique, de nombreuses études montrent que la grande majorité des gérants actifs n’arrivent pas à battre durablement leur indice de référence (que les ETF répliquent passivement) après déduction des frais. Pour des portefeuilles standards, la « friction financière » des mandats annule souvent toute surperformance potentielle, rendant une stratégie ETF plus rentable sur le long terme.
Comment se protéger efficacement de l’inflation aujourd’hui ?
La seule protection efficace contre l’inflation est d’investir dans des classes d’actifs dont le rendement espéré sur le long terme est supérieur au taux d’inflation. Historiquement, les actions sont la classe d’actif la plus performante pour cet objectif. L’immobilier (physique ou « pierre-papier » comme les SCPI) offre également une bonne protection car les loyers sont souvent indexés sur l’inflation. Laisser son argent sur des comptes courants ou des livrets à faible rendement est la garantie de perdre du pouvoir d’achat.